05 33 05 25 42

L’épreuve de Culture Générale au concours de la Magistrature

L’épreuve de connaissance et de compréhension du monde contemporain, qui ouvre les épreuves d’admis­sibilité, doit permettre au candidat de démontrer que l’analyse qu’il fait d’une question posée aujourd’hui à notre société laisse entrevoir qu’il sera capable de rendre une justice parfaitement inscrite dans les réalités humaines et sociales du territoire dans lequel elle va être rendue. Cette épreuve fait appel à des connaissances nécessitant une bonne culture générale, sans pour autant être une épreuve de simple érudition. Ces précisions apportées, se pose une question essentielle : quelles sont les connaissances attendues des candidats ? Cette interrogation appelle une réponse qui peut sembler paradoxale. En effet, ce n’est pas de culture générale au sens classique de l’expression qu’il est ici question. Sur ce plan les rapports des jurys successifs sont’très clairs. Celui pour l’année 2014 précise ainsi :  » (une épreuve) que les candidats qualifient souvent, à tort, de culture générale, alors qu’elle doit être rattachée aux débats contemporains [ … ] . Il serait souhaitable [ … ] d’insister sur le fait que l’épreuve est destinée à mesurer le degré de connaissance du monde contemporain et non à apprécier l’étendue de leur culture générale>>. Celui de 2015 ne disait pas autre chose : « les candidats assimilent trop souvent à tort cette épreuve à un exercice de culture générale, ce qui les conduit à faire étalage de connaissances philosophiques ou littéraires, en s’éloignant du traitement du sujet ». Cette confusion est assez simple à comprendre et dès lors à éviter. Il n’est évidemment pas question de s’interdire des références à des œuvres littéraires, par exemple, pour illustrer un thème, ce que le jury lui-même invite à faire. En revanche, il ne faut pas confondre l’exercice avec une dissertation de lettres ou de philosophie. Ceci a une conséquence pratique. Nombre des  « manuels de culture générale » pré­sents sur le marché et supposés aider les candidats contribuent surtout à les tromper en leur proposant d’engranger des connaissances qui ne sont pas du tout dans l’esprit de ce qu’attend le jury. Il n’est certes pas inutile de connaître l’histoire, la culture du monde grec ou latin, mais ceci est secondaire par rapport aux questions qui traversent le monde d’aujourd’hui. C’est ce qui explique pour une bonne part le succès des candidats issus de Sciences Po Paris dans la mesure où leur formation les conduit à beaucoup travailler l’histoire contemporaine et les questions géopolitiques tout en les entrainant régu­lièrement à l’exercice de la dissertation et du plan en deux parties.